Alors que certains pensent que l’avenir est de devenir opérateur de drone civil, l’avenir qui se dessine est bien différent sans pour autant être sombre.

La fin de l’aventure pour certains opérateurs?

Le métier d’opérateur de drone tel qu’il existe actuellement va vite trouver ses limites, sur les 500 entreprises répertoriées par la direction de l’aviation civile en France (dgac) qu’une petite centaine doit pouvoir en vivre, certains sont seulement autorisés pour pouvoir être assurés et font quelques prestations locales pour améliorer leur quotidien et la grande majorité est composée d’auto entrepreneurs loin d’être de grands commerciaux et manquant de fonds pour disposer d’un outil de travail efficace. Cette dernière classe d’opérateurs exerce cette nouvelle activité par passion pour ces fabuleux appareils en parallèle d’une autre activité.

A l’instar de cela, d’autres s’organisent en groupement, grandissent avec l’embauche de pilotes, formateurs ou techniciens et surtout se spécialisent dans un domaine précis.
Beaucoup de nouveaux arrivants ayant découvert ce nouvel « eldorado » rêvent d’ une carrière dans l’audiovisuel alors que c’est déjà bouché ou tentent de percer dans le domaine technique qui porte bien son nom car les prestations ne se réalisent pas avec des jouets mais avec du matériel de pointe (avions, ailes autonomes, cameras thermiques ou infrarouges) et surtout avec de larges connaissances du domaine exploité comme l’agriculture, la forêt, la géologie ou le génie civil.

Beaucoup d’opérateurs au carnet de commandes faible ne passeront pas le cap des 2 ans a cause des frais fixes exorbitants des assurances et des pièces détachées alors que paradoxalement, la demande ne va faire que grandir.inspection technique

Le tapage médiatique un peu lourd du moment autour du drone civil a au moins un mérite, celui de créer une demande auprès de clients potentiels qui découvrent cette technologie et trouvent en cet appareil formidable des applications nouvelles pour leur activité. Le recours aux opérateurs extérieurs de ces administrations et entreprises ne se fera pas a long terme car il est évident qu’ils vont s’équiper en interne et former leur personnel. Il existera toujours un marché en sous traitance alimentant en missions les opérateurs indépendants mais il ne faut pas s’attendre a une explosion du nombre de prestations.

Nouvel outil du quotidien?

Le drone se destine a devenir un outil professionnel opéré par des gens formés, un amendement a l’arrêté du 11/04/2012 qui régit l’usage de ces appareils sera effectué en milieu de cette année et il est fort probable que nous nous dirigions vers une licence de pilote de drone professionnel avec il faut l’espérer, une épreuve pratique.
C’est évident que les professionnels du bâtiment et des travaux publiques, les experts en assurance, les services de secours et les forces de l’ordre vont s’équiper et faire former quelques spécialistes en interne comme c’est déjà le cas pour des matériels comme les chariots élévateurs, les nacelles ou la conduite des engins de chantiers.

Un métier d’avenir?

Le métier de télé pilote d’aéronef déshumanisé professionnel, autrement dit, opérateur de drone, sera a très court terme un secteur qui metiersne connaîtra pas la crise car de grandes administrations et entreprises vont embaucher des gens expérimentés pour gérer cette branche. Au pire, le télé pilote qui aura une expérience de plusieurs années pourra postuler pour ce genre de poste qui va se généraliser dans les années a venir.
L’avenir des entreprises est donc dans la formation et la fourniture d’équipements car la demande ne va faire qu’augmenter, il va falloir construire, entretenir et réparer les flottes d’avions, ailes, multicoptères et autres systèmes a venir mais aussi développer de nouvelles applications pour être a la pointe de la technologie et surtout innover pour couvrir tous les domaines.

En conclusion sur l’avenir du drone civil en France, le plus gros de l’activité drone n’est pas vraiment ou elle était attendue, ce sera le domaine de la formation et de la fourniture, l’entretien et la réparation de matériel autorisé par l’administration qui tirera son épingle du jeu, bien sur de grosses sociétés spécialisées dans l’audiovisuel vont continuer a vendre leur savoir faire aux chaines de télévision avec des images a couper le souffle, d’autres vont perdurer dans des domaines techniques précis comme l’orthophotographie, la photogrammetrie ou le mappage 3d mais il est fort probable que le petit opérateur se contentera des miettes en activité secondaire car comme il est expliqué ci dessus, journalistes, géomètres, architectes, archéologues, experts ou administrations sont en train de s’équiper et de se former.

Les opérations photos / vidéos aériennes et inspections techniques de photocoptere seront dans quelques mois repris dans une société anonyme qui proposera en activité principale des drones spécifiques pour certaines professions et produits en série dans le département. De la formation de télé pilote de drone civil sera dispensée au sein de la structure sur Besançon. Nous mettrons au point plusieurs nouveaux appareils, des essais sur prototypes sont actuellement réalisés en relation avec l’institut bisontin Femto-st et l’école Polytechnique d’Ivry et bientôt présentés sur les salons Technology Drones de Chaumont, Eurosatory de Villepinte  (juin 2014) et Micronora Besançon (septembre 2014).

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Showing 2 comments
  • Eric Poly

    Dans ce scénario, n’y a-t-il pas la place pour de petites entités réactives capables de proposer une véritable valeur ajoutée aux données collectées par les drones ?

    Notamment face à des professionnels pour lesquels ces données prises ponctuellement constituent un moyen d’optimiser leur travail alors même qu’ils n’ont pas l’équipement, le temps ou les compétences pour assurer la collecte et le traitement des infos.

    Il semble que le téléopérateur risque de disparaitre s’il n’est pas rapidement capable d’intégrer l’expertise nécessaire au traitement et à la restitution des données.

  • Jean-Philippe Culas

    Bonjour,
    Il est évident qu’il faut toujours des télé pilotes locaux pour effectuer des travaux et des relevés en sous traitance, mais il n’y en aura pas 1000.
    C’est clair que les entreprises qui ne seront pas capables de traiter une expertise de A à Z pour leurs clients auront moins de poids que ceux qui en sont capables. C’est d’ailleurs pour cela que certains bureaux d’études vont s’équiper.